L'égalité professionnelle en France : où en est-on ?
Malgré un arsenal législatif développé depuis 1972, l'égalité professionnelle en France n'est pas encore une réalité complète. Les femmes gagnent toujours environ 16,8 % de moins que les hommes en salaire horaire brut. Mais les progrès sont réels : la note médiane des entreprises à l'index Egapro s'établit autour de 84/100, et la prise de conscience des employeurs s'est accélérée depuis 2018.
Les grandes lois sur l'égalité professionnelle
- 1972 : loi interdisant les discriminations salariales fondées sur le sexe
- 1983 : loi Roudy instaurant l'obligation de rapport de situation comparée
- 2001 : loi Génisson sur la négociation collective en entreprise
- 2006 : loi portant sur l'égalité salariale entre femmes et hommes
- 2010 : loi Copé-Zimmermann sur la parité dans les conseils d'administration
- 2018 : loi Avenir professionnel, création de l'index Egapro (article L.1142-8 du Code du travail)
- 2021 : loi Rixain sur la parité dans les instances dirigeantes
Les résultats de l'index Egapro en France
Depuis son déploiement progressif entre 2019 et 2020, l'index Egapro mobilise chaque année environ 50 000 entreprises. Les données publiées par le ministère du Travail montrent :
- Un taux de publication d'environ 96 %
- Une note médiane de 84/100
- Environ 2 % des entreprises sous le seuil critique de 75/100
- L'indicateur le plus défaillant : l'écart de rémunération (indicateur 1)
Les défis persistants
L'index capture l'écart salarial "inexpliqué" à poste comparable, mais ne résout pas les causes structurelles : ségrégation professionnelle, temps partiel subi, inégal partage des responsabilités familiales. Ces enjeux nécessitent des politiques publiques plus larges (accueil de la petite enfance, congé parental équitable, réorientation des filières scolaires).
Les prochaines évolutions
La directive européenne sur la transparence salariale (2023/970/UE), à transposer avant juin 2026, va renforcer les obligations des entreprises françaises : publication des fourchettes salariales dans les offres d'emploi, rapport annuel sur les écarts, obligation de négocier si l'écart dépasse 5 %.